Progrès technique et industrialisation ont fixé des formes

La fin du XIXe et le XXe siècle jusqu’à nos jours correspondent à une période marquée par le progrès rapide des sciences et des techniques. L’évolution d’ailleurs s’accélère encore maintenant et nous allons connaître  bien d’autres changements.

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Musée d’histoire militaire de Vienne (Autriche).

Jusqu’au XIXe siècle, les matériaux principaux de la construction sont la pierre, la chaux et le bois. L’architecture évolue avec leurs techniques et tend presque partout, dans les grandes constructions (avec des différences selon les époques), vers l’emploi des courbes: voûtes, coupoles, arcades et linteaux cintrés.
Ce ne sont parfois que des artifices décoratifs, mais ils révèlent bien une fascination pour ces formes. Seule la difficulté d’exécution freine le recours aux courbes et aux ornements.

Ces caractéristiques se retrouvent dans quelques habitations.

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Les structures internes porteuses permettent l’apparition du mur-rideau. Suffit-il à réduire l’impression d’enfermement dans une boîte ? (New York, Usis)

A partir du XIXe siècle, la croissance industrielle permet la production des matériaux en grande quantité. Les métaux, le béton armé et le verre deviennent les composants principaux de la construction. Les architectes, en perfectionnant leur utilisation, intègrent progressivement la logique industrielle dans la conception des formes : place aux lignes et aux angles droits, suppression des ornements, soumission accrue aux règles comptables et utilitaires.
La création se réfugie dans une savante alternance des pleins et des vides. Le mur-rideau et les façades en verre apparaissent pour réduire l’impression d’enfermement dans une boîte.

Cette adaptation aux changements apportés par l’industrie et le développement économique se retrouve presque chez tous les architectes. L’une des phases les plus significatives en Allemagne est évidemment celle qui correspond au Bauhaus (1919-1932). Le passage de l’activité de l’artisan-compagnon, au début de l’école, à la collaboration avec l’industrie, sera l’une des causes de sa disparition à travers des implications politiques, après l’émigration entraînée par l’arrivée du nazisme.

On produit généralement pour les bâtiments des volumes orthogonaux, bons à tout, mais adaptés à rien contrairement aux objets courants où apparaît le design.

La fonctionnalité des constructions est médiocre, jamais complètement adéquate. Elles génèrent une impression d’inconfort, comme un vêtement mal coupé. Certains usagers n’en ont pas conscience, car ils sont habitués à ce type quasi unique de construction. Une certaine expression artistique, par de savantes combinaisons des volumes architecturaux et par la décoration, tente de faire oublier l’inadéquation engendrée par l’orthogonalité systématique.

«Dans une phase euclidienne, nous avons des espaces rigoureusement à angles droits, car l’homme est subjugué par la découverte des trois axes de référence (vertical, avant-arrière, gauche-droite). Les surfaces et parois planes imposent partout leur présence, car l’industrie a figé cette conception mentale des espaces. Nous venons de passer par une phase super-euclidienne de l’architecture. L’homme actuel recherchant la sécurité n’y trouve pas son compte.» (Jean Cousin).

Du triste modèle de l’entrepôt  aux… maisons en courbes

Les formes à angles droits ont des raisons pratiques évidentes. Il est simple de découper ou de former des éléments droits. Leur assemblage et leur prolongement se font sans difficulté de conformité. Dans un ensemble orthogonal, tout peut être juxtaposé et fixé aisément. Le stockage d’éléments orthogonaux dans un contenant orthogonal se fait avec des pertes de place minimales. Mais le modèle de l’entrepôt doit-il pour autant se généraliser ? Peut-on se contenter d’une architecture de formes purement utilitaires ? Le choix «du bon à tout, adapté à rien» peut-il être satisfaisant pour une habitation, alors qu’un haut niveau de qualité, pas toujours coûteux, pourrait apporter le plaisir des formes et l’adaptation à l’usage ?

Comment expliquer la fascination que suscitent les maisons-bulles ? Chacun se souvient de sa propre réaction quand il en a vu pour la première fois.  On a pu aussi entendre ce que d’autres expriment à ce sujet : l’attrait incontestable, qui s’accompagne d’une déstabilisation psychologique, probablement dûe à l’effet de surprise dans ce domaine primordial de notre vie quotidienne qu’est l’habitat. Nous avons depuis notre naissance une image de la maison type, constituée à partir de visions successives : quatre murs, un toit le plus souvent à deux pentes, des fenêtres et des portes rectangulaires.

Fontaines Panorama
Maison à Fontaines-surSaône (Photo Daniel Guilloux)

Les images des maisons-bulles surprennent par leurs formes courbes, comparables à celles des êtres vivants. Ce ne sont pas des formes très répandues pour une maison. Leur connaissance par des dessins ou des photos en deux dimensions, retient déjà l’attention, mais la perception dans la réalité crée encore une toute autre impression.

C.R.

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2 réflexions au sujet de « Progrès technique et industrialisation ont fixé des formes »

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